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Clin d'oeil: coups de feu électoraux

Un vote pas secret du tout !

Surveillance policière de l'élection.

Jusqu’en 1875, il n’y a pas d’isoloir ni de bulletin de vote aux élections. On se prononce à main levée, publiquement, et tout le monde sait pour qui on a voté.

Bien souvent, des fiers-à-bras appuyant un candidat bloquent l’accès au bureau de vote ─ le « poll » ─ à ceux qui ne votent pas « du bon bord ». Des bagarres éclatent pour savoir qui contrôlera le poll ou encore pour forcer sa fermeture dès que l’on calcule avoir la majorité1. La violence et l’intimidation sont alors monnaie courante.

L'élection de 1873

Charles-Alphonse-Pantaléon Pelletier.

Un nouveau sommet est atteint durant l’élection partielle très mouvementée tenue dans le « comté » de Québec-Est en mars 1873. Le gouvernement conservateur de Gédéon Ouimet compte sur Philéas Huot, son candidat, pour remporter la victoire.

De leur côté, les libéraux sont prêts à lutter et présentent Charles-Alphonse-Pantaléon Pelletier, un homme qui n’a pas froid aux yeux. Rappelons qu’il avait été candidat libéral dans Kamouraska en 1867 : cette élection était tristement célèbre parce que les autorités avaient dû l’annuler tellement elle fut marquée par la violence.

Dans Québec-Est, les troubles éclatent au moment de la mise en nomination (24 février 1873). Cet événement public présidé par un « officier-rapporteur » ─ aujourd’hui appelé le directeur du scrutin ─ servait à inscrire officiellement le nom des candidats qui se présentaient. Chacun criait le nom de « son homme » et la campagne électorale commençait !

Mais voilà que les partisans de Philéas Huot décident d’empêcher ceux de Pelletier de s’exprimer. La bagarre éclate aussitôt et l’on projette Pelletier, qui voulait faire un discours au bas de l’estrade. Ses matamores le remontent aussitôt en place, puis tout dégénère à nouveau : on s’échange coups de couteau, de botte, de bâton et de garcette.

Le sang coule des deux côtés quand des coups de feu retentissent soudainement : 3 personnes sont atteintes, dont une gravement au ventre. Pelletier lui-même s’en tire avec une bonne frousse : une balle a traversé son chapeau et lui a écorché la tête !

La police arrive enfin et met un terme à l’assemblée, mais les deux bandes continuent de se défier dans les rues des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur. Les curés et les citoyens protestent dans les jours qui suivent. L’armée est appelée en renfort et tout le secteur est sous haute surveillance. Une semaine plus tard, le scrutin se déroule dans le calme et Pelletier l’emporte par 835 voix.

Vers la loi sur le scrutin secret

Ce sombre épisode électoral marque un point tournant : les plaintes sont si nombreuses que les autorités décident d’agir pour mettre un terme à ces excès électoraux qui existent depuis trop longtemps durant les élections. Deux ans plus tard, le gouvernement de Charles-Eugène Boucher de Boucherville fait adopter la loi sur le scrutin secret, une étape importante vers un climat électoral moins houleux2.

Charles-Eugène Boucher de Boucherville.

1 Jean et Marcel Hamelin, Les mœurs électorales dans le Québec de 1791 à nos jours, Montréal, Éditions du Jour, 1962, p. 56-57.

2 Voir « Le nouveau cabinet local », « La nomination » et « Québec-Est. La journée d’hier » dans L’Événement, 24 février 1873, p. 1; « La scène d’hier », L’Événement, 25 février 1873, p. 1; « La nomination à Québec-Est », Le Canadien, 26 février 1873, p. 2.

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